Architecture chrétienne au Moyen Âge
Historiquement, l'architecture religieuse se développe en même temps que les autres constructions monumentales. Non seulement au milieu des civilisations naissantes, le monument religieux répond au besoin moral le plus puissant, mais toujours il est un lieu d'asile,...
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Architecture religieuse du Moyen Âge - Histoire du christianisme
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Introduction
Historiquement, l'architecture religieuse se développe en même temps que les autres constructions monumentales. Non seulement au milieu des civilisations naissantes, le monument religieux répond au besoin moral le plus puissant, mais toujours il est un lieu d'asile, de refuge, une protection contre la violence. Ce sentiment qu'on retrouve chez l'ensemble des peuples, se montre particulièrement prononcé dans la société chrétienne.
Le temple païen n'est qu'un sanctuaire où ne pénètrent que les ministres du culte et les initiés, le peuple reste en dehors de ses murs, aussi les monuments de l'antiquité, à l'endroit où ils étaient toujours debout, en Italie, sur le sol des Gaules, ne pouvaient convenir aux chrétiens. La basilique antique, avec ses larges dimensions, sa tribune, ses ailes ou bas-côtés, son portique antérieur, se prêtait au culte de la nouvelle foi. Il est même probable que les dispositions de l'édifice romain eurent une certaine influence sur les usages adoptés par les premiers chrétiens. Contrairement aux idées reçues dans les premiers temps du christianisme les chrétiens ne se sont pas cachés dans les catacombes pour célébrer leurs offices. Cette idée ne tient pas quand on sait que l'emplacement des catacombes étaient idéalement connu par les autorités romaines...
Haut Moyen Âge
Mais, en Europe occidentale, c'est la basilique chrétienne de l'époque carolingienne, qui sert de modèle tout en s'éloignant de la basilique antique. Alors, on ne se contentait plus d'un seul autel, il fallait élever des tours conçues pour recevoir des cloches pour appeler les fidèles, les avertir des heures de prière et les avertir en cas de danger (incendie, attaque). La tribune de la basilique antique n'était pas suffisament vaste pour contenir le clergé nombreux réuni dans les églises ; le chœur devait empiéter sur les portions abandonnées au public dans le monument romain.
L'église n'était pas isolée, mais autour d'elle, comme autour du temple païen, se groupaient des bâtiments conçus pour l'habitation des prêtres et des clercs; des portiques, des sacristies, parfois même des écoles, des bibliothèques, de petites salles pour renfermer le trésor, les chartes, les vases sacrés et les ornements sacerdotaux, des logettes pour des pénitents ou ceux qui profitaient du droit d'asile.
Une enceinte enveloppait assez fréquemment l'église et ses annexes, le cimetière et des jardins. Cette enceinte, fermée la nuit, était percée de portes fortifiées. La plupart d'églises étaient alimentées par un clergé régulier dépendant d'abbayes ou de prieurés, et se rattachant ainsi à la totalité de ces grands établissements.
Les églises collégiales, paroissiales et les chapelles elles-mêmes, possédaient dans une proportion plus restreinte l'ensemble des services nécessaires à l'exercice du culte, de petits cloîtres, des sacristies, des trésors, des logements pour les desservants. D'ailleurs, les collégiales, paroisses et chapelles étaient positionnées sous la juridiction des évêques, les abbayes et les prieurés exerçaient aussi des droits sur elles, et quelquefois même les seigneurs laïcs construisaient des chapelles, érigeaient des paroisses en collégiales, sans consulter les évêques, ce qui donna lieu fréquemment à de vives discussions entre ces seigneurs et les évêques.
Les cathédrales comprenaient dans leurs dépendances les bâtiments du chapitre, de vastes cloîtres, les palais des évêques, salles synodales, etc.
Plan d'une église
- Nous donnons ici, pour faire connaître quelle était la disposition générale d'une église de moyenne grandeur au Xe siècle, un plan qui sans être copié sur tel ou tel édifice existant, résume la totalité de ces dispositions.
- I est le portique qui précède la nef, le narthex de la basilique primitive, sous lequel se tiennent les pénitents auxquels l'entrée de l'église est provisoirement interdite, les pèlerins qui arrivent avant l'ouverture des portes. De ce porche, qui le plus souvent est couvert en appentis, on pénètre dans la nef et les bas-côtés par trois portes fermées au cours du jour par des voiles.
- N les fonts baptismaux positionnés soit au centre de la nef, soit dans l'un des collatéraux H.
- G la nef au milieu de laquelle est réservé un passage libre séparant les hommes des femmes.
- P la tribune, les ambons, et plus tard le jubé où on vient lire l'épître et l'évangile.
- A le bas-chœur où se tiennent les clercs.
- O l'entrée de la confession, de la crypte qui renferme le tombeau du saint sur lequel l'église a été élevée ; des deux côtés les marches pour monter au sanctuaire.
- C l'autel principal.
- B l'exèdre au milieu duquel est positionné le siège de l'évêque, de l'abbé ou du prieur ; les stalles des chanoines ou des religieux s'étendent plus ou moins à droite ainsi qu'à gauche.
- E les extrémités du transept.
- D des autels secondaires.
- F la sacristie communiquant au cloître L (pour les églises abbatiales) ainsi qu'aux dépendances. Parfois, du porche on pénètre dans le cloître par un passage et une porterie K. Alors les clochers étaient presque toujours positionnés, non en avant de l'église, mais près du transept en M, sur les dernières travées des collatéraux. Les religieux se trouvaient ainsi plus à proximité du service des cloches, pour les offices de nuit, ou n'étaient pas obligés de traverser la foule des fidèles pour aller sonner au cours de la messe. L'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés avait toujours à la fin du XVIIIe siècle ses deux tours ainsi positionnées. Cluny, Vézelay, énormément d'autres églises abbatiales, de prieurés, de paroisses même, la plupart de cathédrales, possèdent ou possédaient des clochers disposés de cette manière. Châlons-sur-Marne laisse voir toujours les étages inférieurs de ses deux tours bâties des deux côtés du chœur.
L'abbé Lebeuf, dans son histoire du diocèse d'Auxerre, rapporte qu'en 1215, l'évêque Guillaume de Seignelay, faisant rebâtir le chœur de la cathédrale de Saint-Étienne que nous admirons toujours actuellement, les deux clochers romans, qui n'avaient point toujours été démolis mais qui étaient sapés à leur base pour permettre l'exécution des nouveaux ouvrages, s'écroulèrent l'un sur l'autre sans briser le jubé, ce qui fut regardé comme un miracle.
Source : Viollet le Duc
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